Samedi 27 février 2010 6 27 /02 /Fév /2010 22:48
 

Durant cette nouvelle campagne électorale, nombre d'arguments sont avancés par les différents partis politiques concernant les questions de développement durable. Néanmoins, il est interessant d'analyser les programmes plus en détail, afin d'y déceler les points pouvant interesser nos propos sur les relations entre questions sociales et questions environnementales.

Prenons pour cela l'exemple de l'Ile-de-France.


Réduisons ici notre propos aux principaux prétendants en lice : l'UMP et le Parti socialiste.


Commencons par l'UMP. Dans son programme, Valérie Pecresse ne semble se préoccuper d'écologie que parce qu'elle y est obligée, et qu'il fallait bien parler un peu de verdure. En effet, les propositions sont peu originales, et ne témoignent pas d'une réelle volonté de mettre en oeuvre une véritable politique écologique.

Et parler d'un manque d'originalité n'est pas peu dire ! J'en veux pour preuve le site de campagne de Valérie Pecresse. On peut y lire notamment : “lutter contre le changement climatique par des économies d'énergies”, “preserver la biodiversité menacée”, “faire de la région Ile-de-France la première région de l'énergie solaire”. Ce sont ici les propositions les plus “fortes” que nous pouvons trouver.

Signalons un dernier mauvais point qui parle de lui-même : “notre stratégie repose sur une stricte application du grenelle de l'environnement”. C'est dire, sans même besoin de l'étudier, la faiblesse des propositions portées par le grenelle !

En résumé, donc, aucune véritable proposition de développement durable aliant l'écologie, l'économie et le social.


En face, la façon dont le Parti socialiste aborde les questions d'écologie interesse davantage le sujet de ce blog. En effet, l'équipe de campagne de Jean Paul Huchon a développé une notion interessante, celle d' “écologie sociale”.

Le sens de cette notion est simple. L'objectif est de développer une écologie du quotidien. Sur les tracts distribués dans la rue, on peut lire : “plutot que de culpabiliser, il faut donner à chacun les moyens de limiter son empreinte écologique”. De cette notion découle l'idée que l'écologie ne doit pas être un luxe, et ne doit pas être réservée à celles et ceux qui ont les moyens de consommer autrement.

De façon pratique, cela passe par des mesures concrètes, comme par exemple le financement de la distribution de produits bio ou issus du commerce équitable. Notons aussi la constitution d'une équipe d'éco-compagnons dont le but sera d'aller à la rencontre des franciliens sur leur lieu de vie, pour établir un diagnostic et proposer des solutions écologiquement responsables et économiquement avantageuses.

Théoriquement, cette notion d'écologie sociale est donc séduisante. Reste à savoir si elle se concrétisera dans la pratique en cas de victoire des socialistes.


Sources :


Par Alexandre Richard
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires
Lundi 8 février 2010 1 08 /02 /Fév /2010 14:37

 

Il est toujours tentant, face à un problème donné, de prendre les plus faibles comme bouc émissaire, plutot que de trouver des solutions efficaces. C'est ce qui se passe aujourd'hui, avec le retour en fanfare des idées malthusiennes.


Au XIXè siècle, Malthus avait constaté que les ressources alimentaires augmentaient de façon arithmétique (en s'additionnant), alors que la population mondiale croissait de façon géométrique (en se multipliant). De ce fait, Malthus prédit de grandes catastrophes liées à cette augmentation rapide de la population. Il fallait selon lui empêcher la population de croître, notamment en cessant d'allouer des aides aux familles les plus modestes.

Après la Seconde Guerre mondiale, ces thèses sont tombées en désuétude. Malthus n'avait pas prévu que, arrivée à un certain seuil, la population cesse de croître, voire diminue. C'est le processus désormais bien connu de transition démographique. Deuxièmement, Malthus n'avait pas non plus prévu l'explosion de la production agricole, rendant ainsi moins rares les denrées alimentaires.


Or, depuis quelques temps, on voit reparaître les thèses malthusiennes, non plus en raison de l'insuffisance des ressources, mais du fait de la pression constante sur l'environnement. Selon les prêcheurs de ce néo-malthusianisme, la seule solution pour sortir du péril écologique est de limiter la croissance de la population, et notamment celle des pays les plus pauvres, dont la démographie est la plus dynamique. Voilà comment une belle idée, l'écologie, se transforme en injustice sociale, le malthusianisme.

Les défenseurs du néo-malthusianisme se trompent pourtant de cible. Ce contre quoi il faut lutter avec urgence, ce n'est pas les populations pauvres, qui restent largement hors des causes du réchauffement climatique. En revanche, ce qui est préoccupant, c'est l'accélération des émissions de CO2 produites non par les pauvres, mais par les riches industriels toujours plus avides de profit.

Dans le même sens, Yves Cochet, député Vert de Paris, a proposé il y a peu de supprimer les allocations familiales au-delà du deuxième enfant. Une fois encore, les Verts ont su démontrer leur volonté de partir tête baisser vers le tout-écologique, sans tenir compte des conséquences sociales qui en découlent. Yves Cochet fait donc partie de ceux qui croient que l'Homme n'a pas sa place sur cette planète. L'Homme n'est qu'un animal néfaste, un virus dont la Terre doit être débarrassée. L'homme pauvre, en particulier, doit etre éliminé, car c'est lui qui met au monde le plus grand nombre d'enfants.


Ces idées culpabilisatrices, issues d'un détournement de la notion de développement durable, ont permis d'occulter une réalité : en dénonçant les pays les plus pauvres qui n'y sont pour rien, les pays riches, grâce aux thèses malthusiennes, arrivent à faire oublier qu'ils sont les premiers responsables des bouleversements climatiques, les premiers responsables des émissions de CO2.

Comme nous le disions, c'est un détournement de la notion de développement durable au profit des responsables.


Le développement durable est pourtant tout sauf malthusien. Bien au contraire, c'est un nouvel humanisme plaçant l'Homme face à ses nouvelles responsabilités : responsabilités face aux changements climatiques, responsabilités face aux nouveaux besoins de solidarité internationale, enfin responsabilités face à un système économique mondial qui perd la tête.

Par Alexandre Richard
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Vendredi 6 novembre 2009 5 06 /11 /Nov /2009 20:18
 

          Il est interessant de constater que depuis les années 1990 la croissance fulgurante des pays émergents et leur pression grandissante sur l'écologie a fait naître une nouvelle conception des rapports Nord/sud.

Oubliée l'époque où le Nord industrialisé s'imposait un devoir d'accompagner le développement du Sud.

Révolu le temps où les anciennes puissances occidentales courraient au secours des Etats les plus démunis.

Achevés les jours où l'Europe et les Etats-Unis distribuaient avec fierté des aides financières aux pays les moins avancés.

          Après des rapports de solidarité, voici donc venu le temps des rapports de méfiance et de culpabilisation.

Prenons l'exemple de la Chine. S'est développée à son égard une vision occidentale unanime : “Vous vous développez trop vite ! Ralentissez ! Vous faites subir à la planète une pression insuportable !”

Et la majorité des médias de renchérir, et de nous expliquer le problème ainsi : même si nous, occidentaux, avons eu le même mode de développement ultra intensif et ultra polluant, aujourd'hui la planète est en danger, la Chine doit ralentir.

         Economistes, écologistes, sociologues, politiques, médias, et j'en passe... tous sont unanimes, nous sommes face à un sérieux dilemme. En effet, soit l'on considère qu'on ne peut rien dire à la Chine, puisque nous avons connu le même mode de développement; soit l'on considère que notre planète est en danger, et qu'il ne faut donc pas hésiter à condamner fermement la Chine et ses émissions de CO2 insupportables.

Mais c'est ici un faux problème. Faux problème martelé par les politiques, confirmé par les scientifiques, et relayé par les journalistes.

          Des solutions existent et émergent, pour peu qu'on veuille se donner la peine de s'écarter des antiennes médiatiques. En effet, arrêtons de penser qu'il faut choisir : laisser faire la Chine parce qu'on a été pareils, ou la condamner parce que la pression sur l'environnement n'est plus supportable.

Des solutions existent, donc, et j'en veux pour preuve deux exemples.

  • - Premièrement, comme certains le pensent, abandonner le principe de solidarité n'est pas une solution. Nous devons seulement réinventer un nouveau type de solidarité. En effet, nous ne sommes plus au temps de la solidarité financière envers des pays qui créent déjà des richesses (laissons l'Aide publique au développement aux Etats qui en ont vraiment besoin). Mais nous pouvons développer une solidarité écologique, consistant principalement en des transferts de technologies vertes vers les pays en développement.

    Ainsi, la Chine pourrait conserver son rythme de croissance, tout en adoptant des modes de production plus verts.

  • - Deuxièmement, il faut cesser de croire que la croissance est obligatoirement incompatible avec la protection de la planète. Bien au contraire, la protection de la planète est une source inconsidérable de richesses, d'emplois, et donc de croissance. Il appartient donc également aux gouvernements des pays émergents de prendre conscience de cette richesse, et d'investir massivement dans les technologies vertes, créatrices de nouveaux secteurs de production, de nouveaux emplois et de nouveaux revenus. Là encore, une croissance rapide ne sera pas incompatible avec la protection de l'environnement.

 

          Il nous faut donc ici faire tomber deux préjugés. Non, les Etats occidentaux n'ont pas à faire un choix entre laisser faire ou sanctionner la Chine, car des alternatives existent. Et non, la question n'est pas de savoir si l'on doit ou non abandonner le principe de solidarité. La question est de savoir comment redéfinir cette solidarité.

Par Alexandre Richard
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Vendredi 2 octobre 2009 5 02 /10 /Oct /2009 14:06
Voici une vidéo où Sylvie Brunel présente son ouvrage A qui profite le développement durable ?, ouvrage dont nous avons déjà parlé sur ce blog.
Diplômée en droit public et agrégée en géographie, Sylvie Brunel possède une longue expérience dans le domaine de l'humanitaire (Médecins sans Frontières, Action Contre La Faim). Elle est aujourd'hui professeur à la Sorbonne.
Cette vidéo illustre très bien l'esprit de ce blog, et synthétise en quelque sorte l'ensemble des réflexions déjà abordées.


Par Alexandre Richard
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Vendredi 4 septembre 2009 5 04 /09 /Sep /2009 19:15

        Sujet déjà évoqué dans le précédent article, mais dont je tiens à rappeler les méfaits, tant cette fameuse taxe carbone accapare toute l'actualité de ces dernières semaines.

 

La taxe carbone, c'est quoi ?

C'est une taxe dont quasiment aucun citoyen ne sera epargné (ménages, administrations et entreprises). Elle découle directement du Pacte écologique présenté par Nicolas Hulot à tous les candidats durant la campagne des élections présidentielles de 2007. Son but est d'augmenter progressivement le prix des énergies fossiles (donc hors nucléaire), afin d'inciter au plus vite les citoyens à adopter des formes d'énergies plus propres.


Pourquoi ce projet de taxe est-il médiocre ?

Parce qu'il ne s'inscrit pas du tout dans un cadre de développement durable, où exigences environnementales et justice sociale doivent coéxister en harmonie.

Prenons ici deux exemples déjà mentionnés sur ce blog.


        Premièrement, pour les ménages, cette taxe est foncièrement injuste. En effet, comme l'a justement rappelé Ségolène Royal, cette taxe concerne tous les véhicules polluants. Or, il est évident que les véhicules les plus polluants sont les modèles les moins chers et les plus vieux. Et il n'est pas nécessaire de préciser que ce sont les ménages les plus défavorisés qui possèdent de tels modèles. Ainsi, la taxe carbone va toucher en priorité les ménages les plus modestes, transformant une belle idée écologique en injustice sociale inacceptable !

Si la taxe carbone est bien évidemment essentielle, elle ne peut être mise en place dans ces conditions. L'évolution écologique ne pourra se faire par la force, mais bien par l'accompagnement étatique. L'Etat doit donc imperativement trouver un moyen de compensation pour les ménages les plus modestes, ainsi que pour les ménages ruraux qui n'ont pas d'autres choix que de prendre régulièrement leur voiture. Puis, sur le plus long terme, l'Etat devra investir davantage dans la Recherche et Développement afin de proposer au plus vite des voitures vertes bon marché.

Il est évident que tout ceci va couter beaucoup d'argent... mais les recettes étatiques auraient été bien meilleures sans l'instauration du bouclier fiscal, qui ne bénéficie qu'aux 14 000 foyers les plus aisés.

Voilà donc comment s'organise aujourd'hui la justice sociale : on baisse la fiscalité des plus riches, tout en instaurant une taxe carbone qui va s'en prendre aux plus défavorisés ! Esperons qu'une solution sera rapidement trouvée par le Gouvernement.


        Deuxièmement, pour les entreprises, l'injustice est à son comble. Si la taxe est bien évidemment variable selon la consommation d'énergie, elle devrait egalement être variable en fonction de la taille de l'entreprise. Tout comme l'injustice de la TVA, il est inacceptable qu'une PME paie la taxe à un même taux qu'une grande entreprise. Une PME, même grosse consommatrice d'énergies fossiles, ne doit pas être autant imposée. La taxe carbone est ainsi généralisée à tous, sans considération aucune de la taille de l'agent économique qui la paie. Là encore, les mutations environnementales ne doivent pas se faire par la force, et il est impératif que l'Etat accompagne progressivement les PME dans la modification de leurs systèmes de production.

Mais, plus aberrant encore, les négociations en cours envisagent d'épargner les grands groupes industriels de cette taxe, sous pretexte qu'ils sont déjà soumis au marché de droits d'emission imposé par le protocole de Kyoto. Mais c'est ici un argument erroné. En effet, on va donc forcer les PME à modifier au plus vite leur consommation d'énergie, et laisser encore un délai supplémentaire aux gros industriels pollueurs dont, on le sait, l'activité n'est nullement freinée par les règles imposées par Kyoto !


        Prenons toutefois du recul. La taxe carbone est initialement une belle idée. Mais elle doit s'inscrire à tout prix dans un cadre de développement durable et de justice sociale, sans quoi elle sera vite perçue comme illégitime, et donc potentiellement inapplicable.

La solution la plus juste aurait finalement été de transformer cette taxe en impôt direct, permettant ainsi de prendre en compte à la fois les inégalités de consommation d'énergie et les inégalités de richesse, et instaurant de ce fait une progressivité comme pour l'impôt sur le revenu.

Par Alexandre Richard
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires

Présentation

Créer un Blog

Recherche

Calendrier

Janvier 2012
L M M J V S D
            1
2 3 4 5 6 7 8
9 10 11 12 13 14 15
16 17 18 19 20 21 22
23 24 25 26 27 28 29
30 31          
<< < > >>
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus